La liberté d’expression, une loi parmi tant d’autres ?

Historiquement parlant, d’aussi loin qu’on peut se souvenir, on se rend compte que beaucoup d’œuvres verbales, scripturales et picturales sont le résultat d’une évidente expression d’idées. Partager avec tout le monde le résultat d’un travail intellectuel propre à soi-même, c’est le droit indiscutable et inaliénable d’une personne que constitue la liberté d’expression.

Quelles sont les contraintes de la liberté d’expression ? Pourquoi ce droit est-il si souvent bafoué dans certains pays ? Qu’en est-il de la Chine ?

La liberté d’expression, plus qu’un simple droit ?

Même si la liberté d’expression découle de la capacité que nous avons à communiquer entre nous, les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme lui sont consacrés et s’appliquent normalement à l’ensemble du globe. Elle se traduit comme étant le fait de librement « rechercher, acquérir et propager, des idées et des données par tous les canaux d’expression possible, sans être entravé par les frontières ».

Ainsi donc, tout le monde est libre d’exprimer une pensée, une idée. Cette dernière peut être culturelle, économique, politique ou philosophique. Même si cette pensée est une critique, elle peut être partagée à titre informatif via les réseaux sociaux ou encore les médias classiques.

Ce droit ainsi que tous les autres contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme sont censés être respectés par tous les États membres de l’Organisation des Nations Unies. Toutefois, en 1996, le 16 décembre, sur les 193 membres, seuls 168 ont signé le Pacte international portant sur les Droits civils et Politiques.

Les contraintes de ce droit

« Votre liberté s’arrête où commence celle des autres ». Cette expression bien connue de tous résume ce qu’est un droit. Le droit à la liberté d’expression est aussi réglementé par des lois établies afin de la restreindre dans certains cas.

La liberté d’expression n’est donc pas synonyme d’anarchie. Les contraintes qu’elle peut parfois subir sont faites au nom de la sécurité et de la protection des droits individuels. Elles servent donc à :

  • défendre les droits de propriété intellectuelle,
  • protéger l‘enfant et ses droits,
  • combattre le négationnisme (fait de contester les génocides ou autres crimes contre l’humanité),
  • s’attaquer aux discriminations raciales,
  • s’assurer de la sécurité nationale en empêchant la divulgation de tout renseignement pouvant la mettre en péril,
  • réprimer l’injure ou la diffamation d’autrui,

S’exprimer librement ne veut donc pas dire porter atteinte aux bonnes mœurs, à l’ordre public et encore moins à autrui.

Une plainte peut être déposée par un individu lorsqu’il est une victime d’injures ou de diffamation. Quand les faits sont avérés et qu’un cas de non-observation des limites de la liberté d’expression est constaté, la personne reconnue coupable peut se voir infliger une amende ou une sanction pénale. Ces deux condamnations sont décidées en fonction du type de crime commis et de sa gravité.

Rien n’explique pourquoi dans certains pays la liberté d’expression est violée au quotidien. Même parmi les États ayant ratifié la Déclaration des droits de l’homme, on en trouve qui commettent bon nombre d’exactions. La censure c’est lorsqu’un gouvernement intervient sans cesse officieusement ou non pour brider la liberté d’expression.

La République populaire de Chine : Liberté d’expression trop contrôlée ou État de censure ?

Les « citoyens de la République populaire de Chine apprécient la liberté de parole, d’assemblée, d’association, de défilé et de manifestation ». C’est en ces termes que l’article 35 de la Constitution chinoise de 1982 garantit la liberté d’expression.

Et pourtant, la Chine est l’un des pays ayant érigé la censure en loi. Les médias sont trop souvent bridés par le pouvoir en place. La loi en vigueur en Chine condamne :

  • la dénégation de la suprématie du Parti Communiste,
  • la souveraineté ou l’auto-délimitation pour des régions que le gouvernement chinois déclare être sous sa coupe.

Ainsi donc, des sujets comme l’indépendance de Taïwan, le mouvement pour la liberté du Tibet, la démocratie et bien d’autres pouvant mettre en évidence l’illégitimité de Pékin sont soigneusement évités et proscrits.

La Chine surveille spécialement la toile, ce qui amène la population à télécharger VPN Android, dans le cas d’un téléphone Android, afin d’éviter quelque sanction. En effet, sur certaines plateformes étrangères, des mots comme « démocratie » y sont censurés pour ne pas déplaire au gouvernement chinois. La censure a pris une telle proportion dans ce pays que les films étrangers qui y sont projetés ne sont pas bien nombreux.